Virginie Basselot rejoint la Maison Negresco !

Virginie Basselot, l’une des figures de la nouvelle génération du paysage gastronomique français, a pris le 1er août la tête des cuisines de l’hôtel Negresco à Nice. La jeune chef plusieurs fois primée, est désormais aux commandes du restaurant étoilé Le Chantecler, mais aussi de la brasserie La Rotonde, du room-service et des banquets.


Cette rencontre entre l’iconique palace niçois et la jeune femme promet d’être riche en saveurs. Portrait.

Virginie Basselot : itinéraire d’une chef surdouée

La collaboration entre Virginie Basselot et Le Negresco, fait écho à un autre parcours, celui de l’emblématique propriétaire du lieu, Jeanne Augier. Une femme libre, créative et entreprenante, qui, comme la chef, a modelé sa vie en fonction de ses envies sans céder aux « ont dit ». L’une a su tenir la barre de son paquebot à la coupole rose, quand l’autre a réussi à se faire une place dans un milieu très compétitif, dans lequel elle a avancé « au feeling, au gré des rencontres. Celle que j’ai faite avec M. Bord, le directeur du Negresco, m’a conquise et c’est pour cela que j’ai accepté le poste ».

Deux vies parallèles qui se recoupent dans un décor baroque, de toiles de maîtres, en face de la baie des Anges. « J’ai tout de suite était séduite par le lieu. Il est rempli d’histoire et atypique, comme j’aime. Je n’ai pas envie de travailler dans une chaîne » explique t-elle. Dans l’histoire du palace, c’est la première fois qu’une femme coiffe la toque de chef. Un défi de taille, mais à la hauteur du talent de Virginie Basselot.

La cuisine, une histoire de famille

 Comme un célèbre gourmet gaulois, Virginie tombe dans la marmite dès l’enfance, son père étant restaurateur à Pont-l’Evêque.

Elle commence sa formation très jeune par le biais de l’apprentissage, dans sa Normandie natale.

À 19 ans, elle décide de rejoindre Paris et entre comme commis dans les cuisines de l’hôtel de Crillon. Un début au bas de l’échelle qui ne l’empêchera pas, plus tard, d’atteindre les sommets de son art.

Au fil des années, elle affine son style pour créer une cuisine qui lui ressemble : « classique, directe et simple ».

Un parcours aux saveurs de l’excellence

 En 2003, en tant que sous-chef au sein de l’équipe d’Eric Fréchon et Franck Leroy, elle contribue à l’obtention de la 3ème étoile Michelin du restaurant Epicure, de l’hôtel Bristol. « Ce qui m’incite à me présenter au prestigieux et difficile concours de Meilleur Ouvrier de France que je ne réussis pas » avoue t-elle. Déçue mais jamais abattue, elle décide en 2012 de prendre son envol et devient chef au Saint-James. Un choix de carrière couronné, un an et demi après sa prise de poste, par l’obtention d’une étoile au Guide Michelin. « Une grande satisfaction et une incroyable récompense » se souvient-elle. Une consécration qui la pousse à retenter sa chance au MOF dans la classe Cuisine Gastronomie 2015. Décorée par Alain Ducasse, elle devient  la 2ème femme chef à porter le col tricolore*.

Elle quitte ensuite Paris pour Genève, direction les cuisines du Loti, le restaurant de l’hôtel la Réserve.

Le Gault-Millau reconnaît son indiscutable talent et la nomme « cuisinière de l’année 2018 ».

Une envie permanente de se surpasser qui résume son parcours professionnel mais également sa vie personnelle. Quand elle n’est pas derrière les fourneaux, cette passionnée de sport fait de la plongée, de l’équitation, du parachutisme et de la moto!

*En 2007 la chef Andrée Rosier avait été distinguée lors du prestigieux concours

Le goût de la transmission

 Virginie Basselot a fait de la rigueur son maître mot et de la transmission son cheval de bataille. Avec ses recettes elle veut avant tout faire plaisir : « ma passion, c’est vraiment la cuisine, pouvoir à travers elle procurer à chaque convive un vrai moment de bonheur. Je ne cherche pas à déstabiliser, mais à rassurer» déclare t-elle. En tant que MOF, elle porte une certaine responsabilité « de gardien du patrimoine ».

Cette nouvelle aventure niçoise n’effraie pas cette jeune femme au regard franc, qui se décrit elle même comme « réservée ». La proximité avec la mer l’inspire : «Ce n’est pas la même mer, mais je suis aussi née au bord de l’eau. J’aime beaucoup cuisiner le poisson. Je vais m’imprégner de l’endroit pour constituer la carte, mais je sais déjà qu’il y aura certain de mes plats phares comme le dos de cabillaud au beurre citron mélisse et le tartare de bar et huitre. Évidemment,  je changerai le nom pour tartare de loup et huitre. Je m’adapte à la région… » plaisante t-elle.

Des poissons mais aussi des légumes, « une cuisine plus légère que ce que je faisais en Suisse où il y avait beaucoup de fromages et des plats de montagne ». Celle qui trouve que «le sud est une région magnifique» se dit enchantée par cette expérience niçoise et compte bien faire souffler un vent de fraîcheur et de nouveauté le long de la Promenade des Anglais.